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Approvisionner la France en médicaments et compléments alimentaires

Un guide pratique pour les acheteurs du monde entier qui s'approvisionnent en France, et pour les fabricants et exportateurs qui veulent y vendre.

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La France fonctionne dans le cadre européen. Pour y vendre un médicament, il vous faut une autorisation de mise sur le marché (AMM) de l'UE ou de l'ANSM, un titulaire établi dans l'UE ou l'EEE, et une personne qualifiée qui certifie chaque lot importé. Le prix et le remboursement se décident ensuite en France, après l'évaluation du médicament par la HAS. Boîtes et notices doivent être en français.

Pour les acheteurs étrangers, la France est une source de médicaments princeps, de comparateurs pour essais cliniques, de principes actifs (API) et de sous-traitance de fabrication, le tout sous BPF (GMP) européennes. L'EDQM, qui délivre les CEP pour les principes actifs, siège à Strasbourg. Les certificats d'exportation au format OMS sont délivrés par la CCI Paris Île-de-France, ou par l'EMA pour les médicaments autorisés par procédure centralisée.

La France en bref

Autorité de régulationANSM (agence nationale) ; EMA et Commission européenne pour les autorisations centralisées
Titulaire de l'AMM et importateurUn titulaire établi dans l'UE ou l'EEE ; importer depuis un pays hors UE exige une autorisation de fabrication et d'importation et une personne qualifiée
Procédures d'enregistrementCentralisée (EMA), décentralisée, reconnaissance mutuelle ou nationale ; le demandeur doit être établi dans l'UE ou l'EEE
Voies rapides et reliancePas de reconnaissance des autorisations étrangères ; une autorisation obtenue dans un État membre peut être reconnue par les autres, et certains nouveaux médicaments bénéficient d'une évaluation accélérée à l'EMA
Achats publics et remboursementLa HAS évalue ; le CEPS négocie le prix et l'UNCAM fixe le taux de remboursement ; les appels d'offres hospitaliers suivent les règles européennes des marchés publics
Médicaments non autorisés (patient nommé)Autorisation d'accès compassionnel (AAC) de l'ANSM, demandée par un prescripteur hospitalier et le pharmacien de l'hôpital

Comment fournir des médicaments à la France

  1. Trouver un titulaire dans l'UE. Le titulaire de l'AMM doit être établi dans l'UE ou l'EEE. Beaucoup d'exportateurs concèdent leur dossier sous licence à une société européenne, qui dépose la demande et détient l'AMM. Notre <a href="/services/pharma-dossier-licensing-registration">service de licence de dossiers et d'enregistrement</a> peut vous aider à en trouver une.
  2. Choisir la procédure d'enregistrement. Optez pour la procédure décentralisée pour un lancement dans plusieurs pays, la reconnaissance mutuelle pour étendre une AMM européenne existante, ou une demande nationale auprès de l'ANSM pour tester la France seule. La procédure centralisée via l'EMA est obligatoire pour les médicaments biotechnologiques, les thérapies innovantes, les médicaments orphelins et les nouvelles substances actives destinées à certaines maladies. Un générique peut être déposé dès que le médicament de référence est autorisé depuis huit ans, et commercialisé après dix ans. Notre <a href="/pharma-articles/blogs/importing-medicines-into-europe-and-turkey-a-country-by-country-guide-2026">guide d'importation en Europe</a> détaille chaque procédure, et notre liste des <a href="/pharma-articles/blogs/medicines-going-generic-in-2026-and-2027-launch-dates-and-patent-expiries">médicaments bientôt génériqués</a> montre ce qui perd son brevet.
  3. Préparer l'importation et la libération des lots. Importer depuis un pays hors UE exige une autorisation de fabrication et d'importation, avec une personne qualifiée qui certifie chaque lot. Sans accord de reconnaissance mutuelle, il faut en général contrôler à nouveau le lot dans l'UE. Votre principe actif doit disposer d'un <a href="/pharma-articles/blogs/cep-vs-dmf-vs-asmf-which-api-document-do-you-actually-need">CEP ou d'un ASMF</a>, ainsi que d'une confirmation écrite de l'autorité du pays exportateur, sauf si ce pays figure sur la liste d'exemption de l'UE. Les grossistes doivent respecter les <a href="/pharma-articles/blogs/good-distribution-practice-gdp-in-pharma-eu-who-and-pics-rules-and-what-to-check">bonnes pratiques de distribution de l'UE</a>.
  4. Négocier prix, remboursement et appels d'offres. Le prix et le remboursement se fixent au niveau national. La Commission de la transparence de la HAS évalue le service médical rendu, le CEPS négocie le prix avec l'entreprise et l'UNCAM fixe le taux de remboursement. Les appels d'offres hospitaliers suivent la directive européenne sur les marchés publics, qui permet aux acheteurs de tenir compte de la qualité et de la sécurité d'approvisionnement, pas seulement du prix. Notre <a href="/services/government-pharmaceutical-tender-supply">service d'approvisionnement pour appels d'offres</a> accompagne les soumissionnaires.

Pour un médicament sans autorisation en France, un prescripteur hospitalier et le pharmacien de l'hôpital peuvent demander à l'ANSM une autorisation d'accès compassionnel (AAC) pour un patient atteint d'une maladie grave, rare ou invalidante, sans traitement approprié. L'AAC vaut aussi autorisation d'importation, et c'est la pharmacie de l'hôpital qui commande le médicament. Voir aussi importation spéciale et pour patients nommés et approvisionnement des appels d’offres publics.

S'approvisionner en France

  • Médicaments princeps et comparateurs. Les grossistes autorisés en France peuvent fournir des médicaments princeps pour les essais cliniques et pour les marchés étrangers. Selon les règles européennes, exporter des médicaments relève de la distribution en gros : le fournisseur doit donc détenir une autorisation de distribution en gros ou de fabrication. Les boîtes portent des mentions en français et les dispositifs de sécurité européens : prévoyez tôt tout réétiquetage ou toute mise en aveugle. Voir notre service de fourniture de comparateurs et notre guide sur l'approvisionnement en comparateurs pour essais cliniques.
  • Principes actifs et leurs documents. Pour un principe actif fabriqué en France ou ailleurs en Europe, demandez le CEP ou l'ASMF. Les CEP sont délivrés par l'EDQM, un organe du Conseil de l'Europe basé à Strasbourg. Nos guides CEP, DMF ou ASMF et sur les DMF (drug master files) expliquent quoi demander, et notre service fournisseurs d'API peut vous aider à trouver une source.
  • Sous-traitance de fabrication. Les usines travaillent selon les BPF européennes et sont inspectées par l'inspection nationale. Les certificats BPF et les autorisations de fabrication figurent dans la base européenne EudraGMDP, que les acheteurs peuvent consulter. Notre guide de la sous-traitance pharmaceutique explique comment présenter votre projet à une usine, et notre service de fabrication en marque blanche peut vous en trouver une.
  • Documents d'exportation. Depuis octobre 2015, les certificats de médicament au format OMS (CPP) et les certificats de libre vente sont délivrés par la CCI Paris Île-de-France, et non par l'ANSM. Pour les médicaments autorisés par procédure centralisée, les certificats viennent de l'EMA. Exporter hors de l'UE un médicament sans autorisation française exige d'abord une déclaration d'exportation à l'ANSM. Voir notre guide sur le CoPP et notre dossier documentaire et qualité.

Compléments alimentaires

Les compléments alimentaires doivent être déclarés avant leur première mise sur le marché en France, via le téléservice Compl'Alim de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'Agriculture. Les ingrédients doivent figurer sur les listes positives nationales de nutriments, de plantes et d'autres substances ; un ingrédient légalement commercialisé ailleurs dans l'UE doit faire l'objet d'une attestation avant la vente. La DGCCRF contrôle l'étiquetage et la publicité : aucune allégation relative à une maladie sur l'emballage. Nous aidons les marques à faire fabriquer leurs compléments alimentaires sous leur propre marque par des façonniers certifiés GMP : voir compléments en marque blanche.

Ce que l'on cherche en France

En France, les recherches les plus fréquentes portent sur « vitamine b12 », « vitamine d », « ashwagandha » et « créatine » (environ 90 500 recherches par mois chacune), puis « magnésium » (74 000) et « probiotique » (60 500), d'après les données Semrush d'octobre 2026.

Comment cherchent les importateurs, pharmacies et fabricants en France

En français, la recherche professionnelle la plus nette est « sous traitance transport pharmaceutique », avec environ 170 recherches par mois (Semrush, octobre 2026). Mais la plupart des recherches professionnelles se font en anglais : « private label mfg » en compte environ 3 600 par mois et « contract manufacturing » environ 140. Si vous cherchez un fabricant, envoyez-nous votre besoin : nous vous mettrons en relation avec des fabricants certifiés BPF.

Compléments que nous pouvons vous aider à fabriquer

Les médicaments se cherchent surtout sous leur nom générique français : « prednisolone » (environ 43 400 recherches par mois), « desloratadine » (32 500), « atorvastatine » et « pantoprazole » (23 400 chacun), « kétoprofène » (22 600) et « prednisone » (21 500). Quelques exemples de notre catalogue :

Certaines marques d'origine sont aussi recherchées par leur nom, comme Eliquis (apixaban). Les marques citées appartiennent à leurs titulaires respectifs et ne servent qu’à identifier le médicament.

Documents à demander à votre fournisseur

Vous doutez du sérieux d’un fournisseur ? Lisez comment vérifier un fournisseur pharmaceutique. Pour les marchés voisins, consultez notre Guide d'importation de médicaments en Europe et en Turquie. Les guides et fiches produits mis en lien sur cette page sont en anglais.

Vous approvisionnez le marché français ?

Envoyez-nous le produit, le dosage, la quantité et les documents exigés par votre autorité de santé. Nous vous mettrons en relation avec des fabricants et fournisseurs certifiés GMP capables de servir votre marché, où qu’ils se trouvent.

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Questions fréquentes

L'ANSM autorise les médicaments au niveau national et contrôle les importations. Les médicaments approuvés par la procédure centralisée européenne sont autorisés par la Commission européenne après évaluation par l'EMA, et sont aussi valables en France.

Oui, grâce à une autorisation d'accès compassionnel (AAC). Un prescripteur hospitalier et le pharmacien de l'hôpital en font la demande à l'ANSM pour un patient nommément désigné, et l'AAC vaut aussi autorisation d'importation. Les pharmacies d'officine ne peuvent pas délivrer ces médicaments.

Oui. Les grossistes français autorisés peuvent fournir des médicaments princeps pour des essais menés à l'étranger. Selon les règles européennes, l'exportation relève de la distribution en gros : le fournisseur doit détenir une autorisation de distribution en gros ou de fabrication.

Les certificats de médicament au format OMS et les certificats de libre vente sont délivrés par la CCI Paris Île-de-France. L'EMA délivre les certificats des médicaments autorisés par procédure centralisée.

Comme des denrées alimentaires. Chaque produit doit être déclaré via le service Compl'Alim avant sa première mise sur le marché, et ses ingrédients doivent figurer sur les listes positives nationales. L'étiquetage et les allégations sont contrôlés par la DGCCRF.

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